De manière générale, l’autoconstruction désigne le fait, pour un particulier, de réaliser une construction (par exemple sa propre maison, un voilier, une éolienne, un chauffe-eau solaire, une machine agricole…) sans l’aide ou presque de professionnels.

L’autoconstruction des habitations est courante dans les pays en voie de développement et dans certains pays industrialisés, notamment dans certaines communautés en Amérique1 (Mormons, mouvement hippie ou écologiques…) ou aux Pays-Bas2 et plus ou moins sévèrement réglementée dans les pays riches.

Elle s’organise parfois en quartiers, voire en petites villes, le bidonville en étant une des formes. Elle peut s’appuyer aussi sur la restauration d’un patrimoine ancien (village abandonné, friche urbaine ou industrielle pour construction de lofts, etc.)

De manière générale, on peut parler d’autoconstruction dès qu’une personne décide de mobiliser ses capacités intellectuelles et pratiques pour répondre à un besoin particulier.

L’autoconstruction d’une maison inclut en particulier la réalisation du gros œuvre (maçonnerie) et charpente-couverture. Pour les gros chantiers, elle exclut souvent les fondations et le terrassement, confiés à une entreprise. Rarement, le mot d’autoconstruction est associé à la construction à partir de modules préfabriqués (maisons en kits).

Dans le domaine du bâtiment, l’autoconstruction concerne également des réalisations plus modestes qu’une maison. Mais tout projet nécessitant plusieurs corps de métier et une déclaration de travaux peut être conduit en autoconstruction. Des ONG, associations et certaines autorités, parfois en collaboration avec des acteurs économiques (producteurs de matériaux ou d’écomatériaux), éditent des guides pour aider les autoconstructeurs3,4

 

Motivations

Elles sont variées ; les gens construisent des maisons individuelles ou partagées pour toute sorte de raisons, dont :

  • créer un logement à moindre coût
  • créer un environnement adapté aux souhaits et besoins particuliers de l’individu et de sa famille
  • élaborer un style architectural et de vie plus personnel
  • vivre dans une maison qu’on ne serait pas en mesure de s’offrir sur le marché « libre »
  • éthiques, centrées sur la recherche d’autonomie, une volonté de sortir du système marchand. Souvent, l’autoconstructeur est également habité par une démarche de réappropriation de techniques et de savoir-faire simples : en ce cas, les principes de construction et de fonctionnement de l’habitat font appel à des techniques simples et pratiques, réalisables et réparables par l’habitant
  • éthiques, centrées sur l’écologie, le respect de la nature et le souhait de recycler et réutiliser des matériaux, etc. Avec une approche de type haute qualité environnementale, les options architecturales et techniques retenues peuvent être très poussées et innovantes, faisant appel à des technologies de pointe.

L’autoconstruction d’outils agricoles offre également de nombreux avantages :

  • acquérir des outils adaptés et adaptables, répondant à la problématique de chaque type de terrain, technique culturale, ou climat
  • se réapproprier un savoir-faire de fabrication (soudure, perçage, découpe…)
  • tendre à plus d’autonomie en levant l’abstraction sur les outils (en ayant la main sur la conception et la production).
  • autoconstruire ses outils peut s’avérer très avantageux financièrement, surtout si elle résulte de coopération entre paysans ; l’achat groupé de matériel et métal permettant de réduire les coûts unitaires

Les alternatives constructives

De manière plus ou moins volontaire ou contrainte, pour de raisons de coût, d’adaptation aux matériaux, ressources naturelles et humaines localement disponibles, ou encore d’intégration écopaysagère, les autoconstructeurs ont testé ou développé de nombreuses techniques alternatives intégrant par exemple :

  • le recyclage intégral ; cette approche intègre la réutilisation de matériaux (brique, pierre, poutre…) ou d’éléments tels que portes, fenêtres, gouttières, fils électriques, éclairages, tuyauterie, éléments sanitaires etc.) Certaines maisons détournent aussi des objets des murs de bouteilles ou de pneus récupérés comme accumulateurs de chaleur ou tampon thermique.
  • la biodégradabilité, avec éventuellement une maison entièrement biodégradable (terre crue, ou terre-chaux + paille et bois), une fois qu’on en a enlevé les systèmes électriques et tuyauteries.
  • des structures innovantes, telles que celle de la maison conteneur ou la maison bulle, maisons dans les arbres, habitat semi-enterré, troglodyte, flottant, etc.

Travail solitaire ou collaboratif

L’autoconstruction d’un habitat est rarement une œuvre solitaire : elle implique, comme c’était déjà le cas dans le mouvement des Castors dans les années 1950, la mise en place d’échanges, de solidarités ; on parle d’autoconstructeurs.

Des communautés d’agriculteurs autoconstructeurs ont également vu le jour en France 6 et aux Etats-Unis7.

Contrôles

Ils se font généralement a priori et a posteriori.

Pour les bâtiments, dans certains pays une commission de sécurité peut venir inspecter la sécurité électrique (pour vérifier que les risques d’électrocution ou court-circuit facteurs de risque d’incendie ont été pris en compte conformément à la législation du pays). Parfois les principes constructifs sont inspectés (en zone de risque sismique notamment) ou ont pu faire l’objet d’une analyse p